En matière de peinture, Norman est un grand amateur de la peinture de la fin du XIXème siècle. Il aime surtout l'histoire qui se joue durant cette période. Le classicisme qui s'étiole face à la
montée des impressionistes, les règles de la peinture qui volent en éclat, l'accouchement des néo-impressionistes encore moins dirigeables que leurs prédécesseurs, l'évolution qui mènera à
Magritte ou Picasso. Parmi les maîtres de l'impressionnisme, Claude Monet est le chouchou de Norman. Pas pour ces paysages, Impression soleil couchant ou autres Nymphéas qu'il
admire mais pour certains tableaux au contenu plus étrange.
La Femme à l'ombrelle (vue de face) était au commencement une reproduction vue dans livre d'art. Puis ce fut une révélation un jour de sortie au Musée d'Orsay. Au détour d'un couloir,
un terrible tryptique. Les trois Femme l'ombrelle inondés de lumière et qui vous prennent par surprise. Celle vue de droite et celle vue de gauche encadrent celle de face. Un véritable
choc! C'est l'une des rares fois où Norman faillit défaillir devant un tableau.
Jamais on n'aura peint une scène aussi étrange, à la limite du morbide, avec autant de grâce, de couleurs et de lumière. C'est une promenade au soleil, au printemps. Le vent est encore un peu
frais et pour se protéger elle a mis une écharpe qui flotte dans le vent. Ce pourrait être totalement bucolique mais la perspective est tronquée. La femme se tient en hauteur et nous en
contrebas. Il n'y a pas d'horizon. Et plus on regarde, plus l'espace se resserre autour de l'ombre de l'ombrelle. Les yeux se fixent sur ce visage dont les traits ne sont qu'une esquisse. En
fait elle n'a pas vraiment de visage mais l'impression qu'elle nous regarde fixement d'en haut se ait persistante. Elle n'a pas l'air heureuse, elle est presque spectrale. Quand Norman vit ce
tableau en vrai, our la première fois au Musée d'Orsay, il eut l'infinie certitude que ce tableau représentait une morte. Comme il arrive souvent à Norman de le faire quand une oeuvre le touche
au plus haut point, il n'a jamais cherché à aller voir ailleurs pour trouver une explication, un contexte, une rationalisation de l'image qu'il lui ferait perdre de sa magie. Quand il se rend à
Orsay, il peut passer un quart d'heure devant ce tableau. Il ne l'examine pas, il fixe le visage de cette femme et discute tout bas avec elle.
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