Lundi 17 décembre 2007
Brûler, tout brûler, ne laisser que des cendres... La semi-liberté accordée à Louis Cypher se traduit par des envies  de meurtres et de destruction, des désirs de fin du monde, d'apocalypse flamboyante et de barbarie retrouvée.

Combattre le mal par le mal, Edgar par Louis, la peur par la colère. C'était ça ou la dépression nerveuse, c'était ça ou baisser les bras, accepter et se laisser éventrer par la douleur morale.

La simple évocation d'une certaine chambre d'hôpital remplit mon coeur d'une rage sans limite. Mon coeur est coupé en deux.

Une moitié bat formidablement au rythme de l'amour, rêve de bleus lendemains, rit de se trouver si heureuse. Cette moitié-là ne connait pas l'odeur de la maladie et des couloirs de l'hôpital.

L'autre moitié pleura un temps au point de presque se noyer. Repêché in extremis par Louis qui a plongé dedans ses mains griffues pour en extraire jusqu'au dernier relent de sentimentalisme. Cette moitié-là bat régulièrement, indifférente aux néons de l'hôpital. Cette moitié-là regarde la maladie en face, note les modifications des traits de la patiente, défie la mort de se présenter à la porte. Elle étrangle la peur qui monte dans la gorge mais pour cela anesthésie toute empathie.

Des torrents de lave glaciale s'échappent du château de Louis Cypher. Ne plus rien ressentir, tel est le prix de la survie.
Publié dans : Norman's Diary - Par Norman
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