Anger Castle

Dimanche 16 décembre 2007
lave.jpg Mes chers petits humains,

Je tenais à vous faire parvenir une excellente nouvelle qui, j'en suis certain, ne vous laissera pas indifférents. Au cours du dernier conseil municipal de Widow Creek, certaines mesures d'urgence ont été adoptées afin d'enrayer l'ascension d'Edgar et la contamination des âmes grises. Et là je dois dire que nous avons échapper au pire, l'une des propositions s'appuyant en effet sur l'allocation de pleins pouvoirs à ma chère soeur Mina afin qu'elle mène Norman au suicide. "Plutôt mourir de notre propre chef que dévorés par la bête" était l'argument principal des défenseurs de cette solution. Mais finalement cette solution n'a pas été retenue, le choix se reportant donc sur la deuxième proposition qui, je tiens à le signaler, ne vient pas de moi.

Il a donc été décidé, à l'unanimité et en l'absence d'Alice Morgenstern et Théophraste d'Essaÿs - toujours dans le Labyrinthe, de lever une partie du contrôle d'EXO 666 sur ma propre personne. Il m'est malheureusement toujours interdit d'attenter à vos pauvres petites vies misérables. En revanche je peux à loisir utiliser mépris et cynisme et je suis chargé de lever une armée d'âmes noires dans le but de combattre Edgar - tout ceci sous la surveillance d'EXO 666. Alors bien sûr je ne suis toujours pas libre de faire gicler vos yeux hors de leurs orbites et de les manger en hors d'oeuvre mais c'est à coup sûr une sacrée bonne nouvelle! C'est mon petit cadeau de Noël à moi... Pouvoir vous regarder droit dans les yeux, vous faire voir toute la haine que j'ai pour vous, sentir votre regard fuir le mien, le malaise envahir votre poitrine. Je suis officiellement responsable de la survie de Norman. Je suis certain que cette nouvelle vous ravira autant que moi.

Immortellement vôtre,
Louis Cypher
- Par Louis Cypher
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Mardi 28 août 2007
Putains d'habitants de Widow Creek,

Pour une fois, c'est à vous que j'ai décidé de m'adresser et comme nous nous connaissons -trop- bien, comme nous partageons la même cervelle, ne comptez pas sur moi pour faire les efforts de langage dont j'use habituellement avec ces chers petits humains.

Pour un peu, en ce moment, on se croirait un peu dans un film de Disney à Widow Creek et à tout instant je m'attends à voir apparaître Julie Andrews dans les rues. Autant le bonheur actuel d'Alice me laisse indifférent, autant l'aveuglement, l'apathie,la résignation ambiante de Widow Creek me donne envie d'en incendier tous les toits. Je ne suis pas seul à penser que tout cela n'est qu'une vaste comédie. Votre naïveté, votre facilité à ne pas voir la réalité provoque les vomissements infects de Mina Solentskaïa.

Cela ne peut plus durer. Faut-il que je vienne vous voir un par un et que je vous mette la tête dans votre propre merde pour vous faire enfin voir la médiocrité de vos existences. Faut-il que je vous crève les yeux pour qu'enfin vous voyiez? Je ne laisserai pas Widow Creek s'enfoncer dans la bêtise crasse et ne devenir qu'un parc d'attractions pour crétins débilitants. Je ne vous laisserai pas succomber au charme putride d'un confort bourgeois stérile et vain.

Plutôt tout détruire. Plutôt tous vous massacrer. Je ne veux pas de cette vie de merde là alors bougez-vous ou c'est moi qui me chargerai de faire évoluer les choses. Et pour une fois je ne suis pas seul à mener ma croisade. Mina est prête à convoquer des tempêtes, Théophraste à ouvrir les portes de ses mondes.Je vous promets une apocalypse totale - et Edgar n'y sera pour rien. Et n'allez pas prier EXO666, petits connards de Widow Creek. Tout ceci se fera avec son aval.

Je vous conseille d'ouvrir les yeux rapidements.

Ceci est un ultimatum.

- Par Louis Cypher
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Mercredi 11 juillet 2007

Mes Chers Petits Humains,

Il est parmi vos semblables une race que j'exècre par dessus tout et qui me fait instantanément apparaître dans la vie réelle. Je parle de ceux d'entre vous qui, non contents de marcher plus lentement que moi, semblent prendre un plaisir certain à bifurquer pour me couper la route alors que je suis sur le point de les dépasser.



Ainsi, cette femme que j'ai croisée ce matin et qui marchait, vive comme une limace, dans un large couloir de métro, cette femme que j'étais sur le point de dépasser par la droite, que je n'avais même pas remarquée tant elle était insipide, cette femme qui s'est soudain empressée d'orienter sa trajectoire, menaçant d'interrompre l'élan de ma flamboyante progression, cette femme, je lui ai violemment attrapé la tête et la faisant brusquement tourner, je lui ai brisé la nuque.

En rêve malheureusement. Les capteurs d'alerte d'EXO 666 se sont mis en éveil et m'ont seulement permis de rêver un instant au doux craquement mortel des vertèbres cervicales. Pour soulager la frustration de ne pas pouvoir anéantir ce parasite, je n'ai pas freiné et je l'ai méchamment bousculée, la faisant presque tomber.

Maigre consolation.

Immortellement vôtre,
Louis
- Par Louis Cypher
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Mercredi 27 juin 2007

Mes Chers Petits Humains,

Votre incompétence notoire aiguise mon appétit. A vous voir sagement assis derrière vos bureaux, j'ai comme des envies d'encastrer vos visages inexpressifs dans vos écrans d'ordinateurs. Mais ce n'est pas vos comportements panurgesques que je tiens à saluer ici. Ils ne suffiraient pas à me faire surgir au milieu de vous.



Ce qui est formidable, c'est la haine et le fiel que vous êtes capables de déverser par peur de perdre le confort de vos sièges. C'est c'est mauvaise foi arrogante qui vous fait aboyer au lieu de parler, comme si ce stratagème permettait de masquer vos impostures. C'est le mépris dont vous usez envers vos pairs pour justifier toutes vos inaptitudes.

C'est dans ces moments là que je surgis dans l'univers aseptisé et lisse de l'Entreprise et que je vous imagine en train d'exploser dans vos bureaux, souillant murs et meubles de votre sang et de ce qui vous tient de cervelle. La vision d'une façade aux fenêtres maculées de lambeaux de chair parviendrait presque à calmer mon envie de dévider toute une agrafeuse sur vos visages idiots.

Mais j'aime bien l'Entreprise car elle offre des possibilités superbes de sadisme. Et quand je sens vos attaques s'orienter vers moi et vos perfidies chercher à m'éliminer, j'use de mails et du téléphone pour vous tuer. A ce jeu-là je suis bien meilleur que vous. Je déplore un peu que ce genre d'assassinat ne soit pas plus sanglant, mais rien que de penser à toutes ces explosions de rage et d'impuissance dans vos crânes, je suis ravi.

Immortellement vôtre,
Louis

- Par Louis Cypher
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Vendredi 20 avril 2007
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Mes chers petits humains,

Oserai-je un jour vous conter les tendres et sanglantes pensées que je nourris à votre endroit? L'envie de mordre votre cou pour en extraire l'exquise sève rouge est parfois presque insurmontable. Je ne peux m'empêcher de passer ma langue sur mes lèvres tant je salive à l'idée du goût de votre chair.

Dans l'ascenseur souvent, je suis animé de telles pensées délicieuses. Il m'arrive en effet régulièrement de m'incarner dans l'intimité de ces cages métalliques. Vous avez l'air si tristes, vous souriez si peu, vous n'émettez aucun son et surtout pas un bonjour, vous regardez vos compagnons d'ascension avec une telle condescendance que je n'ai qu'une envie : sortir un rasoir de ma poche et vous lacérer délicatement le visage. En plus très souvent, vous n'êtes pas très agréables à voir, la médiocrité de votre vie dégouline sur vos visages. J'aimerais tant vous maintenir de force entre la cabine et le palier pour écouter le son probablement divin de votre corps qui se déchire en deux. Rien que d'y penser, je sens un immense plaisir m'envahir.

Un jour qui sait, je m'approcherai de vous comme si j'avais envie de vous embrasser et, de mes dents, je vous arracherai le nez. Je vous viderai totalement dans la cabine de l'ascenseur et les flots rouges de votre nectar se déverseront dans les couloirs, à l'arrivée.

Surtout continuez à être odieux dans les ascenseurs! Cela me permet de goûter à ces instants magiques.

Immortellement votre,
 
Louis
- Par Louis Cypher
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Lundi 5 mars 2007




Quelle naïveté mon cher Norman et quelle folie de croire que tu pouvais me contraindre!

Regarde les chaînes que tu m'as mises: elles sont en train de fondre!
Regarde ma fureur grandir à chaque souffle que tu expires!
Regarde mon désir de sang devenir plus fort à chacun de tes mouvements!
Regarde mes crocs qui luisent et qui mordront bientôt!
Regarde ma démence et pleure ton impuissance!

Je suis en marche, Norman, je suis en marche. Les champs brûlent sur mon passage et le ciel pleut du feu. Je me dirige vers Lekter Manor et l'eau des Dark Marshes entre ébullition.

Regarde qui me suit! Toutes les âmes noires de Widow Creek s'unissent derrière moi. Je lève une armée de fureur!

Que peux-tu faire contre ça, Norman? Que peux-tu faire?
- Par Louis
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Mercredi 21 février 2007


Autant vous prévenir mes chers petits humains, il arrive que vous m'exaspériez au plus haut point. Je serais vous, je me méfierais de moi et plutôt deux fois qu'une. Toute la volonté de Norman ne sera pas suffisante pour qu'EXO666 me maintienne comme un animal en cage à Widow Creek. Continuez ainsi et vous me servirez d'en-cas.

Immortellement Votre,
Louis
- Par Louis
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Lundi 22 janvier 2007


Mes chers petits humains,

Vous ignorez bien évidemment l'holocauste auquel vous échappez tous les matins quand je vous vois vous agglutiner sur les quais du métro, vous pressant les uns contre les autres comme les moutons d'un appétissant troupeau. A Widow Creek je n'hésiterais pas à décapiter quelques uns d'entre vous mais, hors les murs de notre ville, je dois compenser ma frustration par d'adorables et sanglantes visions. Pour vous dire à quel point je vous porte dans mon coeur, je vais vous livrer la dernière d'entre elles.

J'étais inconfortablement assis contre la vitre d'une rame, coincé contre la paroi par une énorme et hideuse voisine qui soufflait comme un boeuf. Les gens peinaient beaucoup, surtout ceux restés debout et qui n'avaient d'autre choix que de mélanger leurs odeurs à celle des autres. Soudain le train s'arrête et la lumière s'éteint; les râles montent teintés de malaise et je passe ma langue sur mes lèvres. Mon premier coup de couteau est pour mon obèse soeur de banquette que j'éventre allègrement, histoire de faire de l'espace. Alors je bondis de ma place, évoluant au plafond et, tout en parcourant la longueur du wagon, je tranche les gorges et les râles se font gargouillis d'incompréhension. Un vrai délice! Je vous hais à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Si je n'étais pas lié à vous par le goût de votre chair, j'ignorerais tout de votre infime existence, comme l'on ignore les fourmis. Dans la pénombre du train, je perçois les palpitations de coeur d'un beau jeune homme. Je me glisse contre lui et tout en l'embrassant, ma main pénètre sa poitrine pour lui arracher ce muscle frissonnant. J'éclate ensuite quelques têtes contre les vitres et je vibre à l'unisson des cris de panique qui s'élèvent. Ils n'en restera aucun! Bientôt le plancher se recouvre de sang, ils me poussent des crocs et des griffes, je mords les visages, arrache des mains, démembre délicatement une belle demoiselle.

Quand la lumière se rallume, ils sont tous morts. Je regagne tranquillement ma place en me pourléchant les doigts. Le rouge est partout, on pourrait presque croire que le train est organique si la machine ne se remettait pas en marche en grinçant métalliquement.

Sachez mes chers petits humains que vous seriez beaucoup plus supportables découpés en morceaux. Tout ceci n'était qu'un doux et agréable rêve, mais combien de temps faudra-t-il pour ronger mes freins et pour que j'écrase vos charmants visages dans mes mains?

En attendant je vous observe avec l'oeil du loup et je pense bien souvent à vous, violemment.

Immortellement votre,
Louis
- Par Louis
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Vendredi 10 novembre 2006
Veuillez bien prendre note que mes vacances sont terminées et que ma splendeur est de retour pour vous illuminer. Il était fort plaisant de se reposer à l'ombre des tilleuls de Widow Creek mais c'est un tel ravissement de me retrouver à nouveau parmi ces pauvres petits humains. Ils sont si charmants que je m'en lèche les babines d'avance. Je dois également remercier Norman pour sa métamorphose du crapaud. Le résultat est à ravir et je me contemple avec d'autant plus de délectation qu'il embellit davantage le piège délicat  et  inexorable que représente mes beaux yeux.

Immortellement votre,
Louis
- Par Louis Cypher
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